Win Naing
Kyaw et Thura Kyaw ont été condamnés à mort en Birmanie pour diffusion
d'informations confidentielles. Ils ont écopé de la peine capitale pour avoir
organisé l'an passé la fuite d'informations sur un voyage en Corée du Nord du
général Shwe Mann, numéro trois de la junte, selon le site d'information birman
Irrawaddy, installé à Chiang Maï. Une troisième personne, Pyan Sein, a été
condamnée à 15 ans de prison.
"Ils
ont été condamnés par un tribunal spécial de la prison d'Insein jeudi", a
confirmé un responsable birman sous couvert de l'anonymat, confirmant
l'identité des accusés et leur condamnation pour diffusion d'informations
confidentielles. Les trois hommes, respectivement ex-officier de l'armée et
fonctionnaires du ministère des affaires étrangères, "avaient été arrêtés
après que des informations et des photos sur le voyage du général Shwe Mann en
Corée du Nord avaient fait l'objet de fuites" dans des médias birmans en
exil, a précisé Irrawaddy.
Selon le
site, les deux hommes ont été jugés coupables de diffusion de secrets
militaires, citant des sources au sein de la prison d'Insein de Rangoun, où
sont détenus des centaines de dissidents. En juin, un groupe de militants en
exil avait aussi publié des photos de ce qui était décrit comme un réseau
secret de tunnels construit par la Corée du Nord en Birmanie. La télévision
installée en Norvège Democratic Voice of Burma avait affirmé que la plupart des
tunnels avaient été construits autour de Naypyidaw, nouvelle capitale du pays
depuis 2005, érigée de toutes pièces à quelque 400 kilomètres au nord de
Rangoun.
En juillet,
la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, avait exprimé ses inquiétudes
sur un possible "transfert de technologie nucléaire" de Corée du Nord
vers la Birmanie.
Ses craintes
avaient été alimentées par des déclarations de responsables américains
affirmant qu'un bateau nord-coréen, le Kang Nam 1, était soupçonné de
transporter des armes en Birmanie. Le navire avait ensuite rebroussé chemin.
Début août, un quotidien australien avait par ailleurs publié des informations
émanant d'opposants en exil selon lesquels Pyongyang aidait la junte à se doter
d'un réacteur nucléaire et d'une usine d'extraction d'uranium, pour l'aider à
s'équiper d'une bombe atomique d'ici à cinq ans.
Un tribunal
en Birmanie a condamné à 20 ans de prison une journaliste vidéo qui travaillait
avec une télévision à l'étranger, ont affirmé aujourd'hui des organisations de
défense des journalistes, nouvelle preuve de la constante répression des
dissidents par le régime militaire.
Hla Hla Win,
25 ans, journaliste indépendante birmane, avait été arrêtée en septembre après
s'être rendue dans un monastère bouddhiste à Pakokku (nord), ont indiqué
Reporters sans frontières (RSF) et l'Association des médias birmans (BMA).
Un tribunal
de Pakokku l'a condamnée le 31 décembre à 20 ans de réclusion, et une femme qui
l'accompagnait à 26 ans. L'information n'a pas été confirmée de source
officielle.
"Nous
sommes outrés par la condamnation de cette jeune femme", ont indiqué les
deux organisations dans un communiqué, précisant que la journaliste travaillait
pour la télévision "Democratic Voice of Burma", basée en Norvège.
Naypyidaw — Le
numéro un de la junte birmane, le généralissime Than Shwe, a demandé lundi à la
population de faire le "bon choix" lors des élections promises pour
cette année, dans une intervention pour célébrer le 62e anniversaire de
l'indépendance du pays.
"Les plans
sont en cours pour organiser des élections de façon systématique cette
année", a affirmé l'homme fort du régime militaire dans un message diffusé
lors d'une cérémonie à Naypyidaw, la nouvelle capitale du pays.
"A cet égard,
le peuple tout entier doit faire le bon choix", a-t-il ajouté dans ce
texte lu par un cadre inférieur du régime et publié dans la presse officielle.
Le scrutin serait
le premier depuis celui de 1990, que la Ligue nationale pour la démocratie
(LND) de l'opposante Aung San Suu Kyi avait remporté sans jamais être autorisé
à exercer le pouvoir.
Mais il demeure
suspendu à la promulgation de deux lois dont le contenu demeure inconnu et sa
date n'a toujours pas été annoncée.
L'élection fait
partie d'un programme présenté par la junte en 2003 et destiné à aboutir à un
"authentique système démocratique discipliné".
"La feuille
de route de l'Etat en sept points (...) est l'unique processus de transition
vers la démocratie", a affirmé Than Shwe.
Comme les années
précédentes, l'anniversaire de l'indépendance a été l'occasion pour
l'ex-colonie britannique de demander à la population "de rester vigilante
en toutes circonstances contre les dangers que posent les
néo-colonialistes", vocable qui désigne en général les Etats-Unis.
Le régime avait
organisé lundi une parade militaire dans la capitale, complètement isolée à
quelque 400 kilomètres au nord de Rangoun, devant des ministres, responsables
militaires et un millier de hauts-fonctionnaires.
L’offensive
récente de l’armée birmane a provoqué l’exode d’environ 7000 personnes qui sont
venues s’ajouter aux 500 000 personnes déjà chassées de leurs villages. Ces
gens se sont réfugiés provisoirement sous la protection des guérilleros. Ils
vivent dans des camps avec des bâches en plastique en guise de toit pour se
protéger des abondantes précipitations et ils souffrent de malnutrition. La
véritable urgence est donc de pouvoir acheter du riz, de l’huile, et du sel.
La Comunità
Solidarista Popoli et « L’Uomo Libero » cherchent en ce moment recueillir
suffisamment de fonds pour remédier à cette situation grave. Nourrir quelqu’un
pour un mois dans ces conditions coûte environ 8 euro. Ainsi avec environ 100
euros, on peut nourrir un réfugié Karen pour un an si l’on compte l’ajout de
fer et de vitamines en complément de l’alimentation.
La Chine et six pays d'Asie du Sud-Est ont supprimé
depuis le 1er janvier la quasi-totalité des droits de douane sur 7 000 produits
et services couvrant 90 % de leurs échanges. Cet accord qui entre en vigueur
dans ce qui est devenu, en volume, la troisième zone de libre-échange de la
planète, va modifier le paysage commercial et industriel d'une région qui, de
la Chine à Singapour, des Philippines à la Birmanie, couvre 13 millions de
kilomètres carrés et totalise une population d'environ 2 milliards d'habitants.
L'accord ne sera appliqué dans la totalité de la
zone qu'en 2015 : au sein de l'Association des pays de l'Asie du Sud-Est
(Asean), seuls la Thaïlande, l'Indonésie, Brunei, les Philippines, Singapour et
la Malaisie sont pour l'instant concernés. Les derniers entrants, les plus
pauvres - Birmanie, Laos, Vietnam et Cambodge -, bénéficient d'un
"sursis" de cinq ans avant d'être soumis aux termes de cet accord
qu'ils ont aussi signé. Négocié depuis 2002, ce projet a déjà permis la suppression,
à partir de 2005, de droits de douane sur plusieurs centaines de produits.
Pour la Chine, qui va pouvoir augmenter ses
exportations de matières premières et inonder l'Asie du Sud-Est de ses produits
bon marché, cet accord est une aubaine. Les échanges dans la région devraient
doubler en 2010 par rapport au volume de 2005 : 200 milliards de dollars (140
milliards d'euros) contre un peu plus de 100 milliards de dollars.
De nouveaux marchés
Jusqu'à présent, les marchandises chinoises étaient
taxées de 5 % en Asie du Sud-Est. La levée des barrières douanières sur la
majorité des biens manufacturés - excepté sur certains produits textiles et
électroniques, jugés sensibles - va permettre à Pékin de compenser la chute de
ses exportations vers l'Europe et les Etats-Unis depuis le début de la crise
mondiale.
Les pays de l'Asean vont pouvoir accroître leurs
exportations vers la Chine (riz, fruits exotiques, caoutchouc, huile de palme,
gaz naturel). Mais cette nouvelle donne économique a aussi de quoi les inquiéter
vu le "poids" du grand voisin du Nord. Selon Sothirak Pou, chercheur
associé à l'Institut des études d'Asie du Sud-Est de Singapour : "Plus
d'un pays de l'Asean ne voit pas cet accord de libre-échange comme un
avantage."
Certains industriels de la région ont déjà mis en
garde leur gouvernement sur ses conséquences. Et notamment le fait que la
Chine, dont la devise, le yuan, est sous-évaluée et dont les entreprises
bénéficient de subventions, va tirer profit de la levée des droits de douane.
Si la Malaisie devrait pouvoir bénéficier de cet accord, tel ne sera pas
forcément le cas d'un pays comme le Vietnam, producteur de marchandises à
faible valeur ajoutée, qui pourrait se retrouver désavantagé face au
"rouleau compresseur" chinois.
A Pékin, Song Hong, économiste de l'Académie des
sciences sociales, estime cependant que la croissance des exportations de
certains produits, notamment agricoles, d'Asie du Sud-Est vers la Chine,
pourrait concurrencer les paysans des provinces chinoises frontalières de l'ancienne
Indochine, le Guangxi ou le Yunnan.
Les Cambodgiens ont, de leur côté, souligné que cet
accord va permettre au royaume khmer, dont les exportations agricoles vers les
Etats-Unis et l'Europe sont à la baisse, de trouver de nouveaux marchés en Chine.
En Indonésie, l'heure est à l'inquiétude. "Si
le gouvernement met en place l'accord maintenant, beaucoup d'industries vont
mourir", a déclaré récemment Airlangga Hartarto, un député. Les
responsables de l'Asean ne nient pas les conséquences pour leur région.
Pushpanathan Sundram, secrétaire général adjoint chargé des questions
économiques de l'Association, a déclaré dernièrement au New York Times
qu'"il faudra parfois payer le prix" de cet accord. Mais, à terme,
a-t-il ajouté, la Chine et l'Asean en "seront les mutuels
bénéficiaires".
La Cour suprême birmane, saisie par les avocats
d'Aung San Suu Kyi qui contestent sa condamnation à 18 mois supplémentaires
d'assignation à résidence, examinera cette requête le 18 janvier prochain, ont
annoncé vendredi les défenseurs de l'opposante et prix Nobel de la paix.
De même source on précise que la Cour suprême
entendra à cette occasion les derniers arguments de la défense avant de prendre
sa décision.
Les avocats d'Aung San Suu Kyi avaient saisi la
haute juridiction en novembre dernier après qu'une décision de justice eut
maintenu la prolongation de 18 mois de son assignation à résidence, suite à sa
condamnation en août pour avoir hébergé un ressortissant américain qui avait
nagé jusqu'à son domicile, sur la rive d'un lac à Rangoon.
Ils ont fait valoir que cette prolongation
s'appuyait sur une disposition de la Constitution de 1974 qui n'est plus en
vigueur et qu'elle n'avait par conséquent aucune validité.
L'opposante, âgée de 64 ans, avait été condamnée en
août à trois ans de réclusion et de travaux forcés, peine qui avait été
immédiatement commuée en une prolongation de sa résidence surveillée, puis
confirmée en appel début octobre, ce qui l'exclut de facto des élections
prévues l'an prochain, les premières depuis deux décennies en Birmanie.
Un tribunal spécial a par ailleurs inculpé vendredi
un Américain d'origine birmane pour faux et violation de la loi sur les devises
étrangères. Il est notamment reproché à Kyaw Zaw Lwin, fils et frère de
militantes pro-démocratie emprisonnées, d'avoir fabriqué une fausse carte
d'identité, délit passible de sept ans de prison.
----------------------
Vous trouverez ci-dessous les archives des informations en français sous le format PDF.